La Belle Angèle

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1889
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Appréciation de l'art
La Belle Angèle est un portrait à l'huile sur toile peint par Paul Gauguin à Pont-Aven, en Bretagne, en 1889 ; mesurant 92 × 73,2 cm, il est conservé au musée d'Orsay, à Paris, donné par le marchand Ambroise Vollard en 1927.
Le modèle est Marie-Angélique Satre (1868–1932), dite 'la belle Angèle', qui tenait avec son mari l'une des auberges de Pont-Aven et passait pour l'une des plus belles femmes de la région. Vers 1920, elle a raconté la genèse du tableau : Gauguin, doux et très pauvre, répétait à son mari qu'il voulait la peindre, et finit par s'y mettre. Quand il lui montra le résultat, elle le jugea horrible et lui dit de l'emporter ; déçu, il répondit qu'il n'avait jamais fait un portrait aussi réussi.
Sa réaction se comprend, car Gauguin avait décidé de tout oser. Empruntant un procédé aux estampes japonaises, et précisément à Hokusai, il enferma la figure à mi-corps dans un cercle posé sur un fond bleu largement décoratif semé de fleurs, abandonnant la perspective classique et l'unité de l'espace. Les formes sont cernées de contours plus sombres à la manière cloisonniste. La pose raide d'Angèle, son costume breton de fête et les capitales LA BELLE ANGELE donnent à l'image un caractère cérémoniel, tandis qu'à gauche un pot anthropomorphe de style péruvien, qu'Orsay décrit comme une version exotique d'une idole bretonne, ajoute une note symbolique.
Rejeté par son modèle, le tableau fut pris en charge par la galerie Boussod-Valadon dès 1889 et figura dans la vente de Gauguin à l'Hôtel Drouot le 22 février 1891. Edgar Degas, qui le considérait comme un chef-d'œuvre, l'acheta cette année-là, et il resta dans sa collection jusqu'à la vente de la galerie Georges Petit en mars 1918, après laquelle Vollard l'acquit. La toile porte l'inscription 'LA BELLE ANGELE' et est signée et datée 'P. Gauguin 89' en bas à gauche.