La Dernière Prière des martyrs chrétiens

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1883
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Appréciation de l'art
La Dernière Prière des martyrs chrétiens est une huile sur toile de Jean-Léon Gérôme, commandée en 1863 et achevée en 1883, aujourd'hui au Walters Art Museum de Baltimore (37.113).
Le collectionneur de Baltimore William T. Walters commanda le tableau en 1863, mais Gérôme ne le livra que vingt ans plus tard, par l'intermédiaire de l'agent parisien de Walters, George A. Lucas. Dans la lettre qui accompagnait la toile, Gérôme s'excusait du retard : le sujet était resté sur son chevalet plus de vingt ans, il l'avait repeint depuis le début trois fois, et ce que Walters recevait était en fait la troisième toile. Il la qualifia d'une de ses œuvres les plus travaillées et conclut en demandant si elle était réussie.
Gérôme situa la scène au Circus Maximus, indiquant dans sa lettre les bornes au bout de la spina et les traces de chars dans le sable. Un groupe de chrétiens, hommes, femmes et enfants, s'agenouille en prière autour d'un vieillard qui lève les yeux paumes ouvertes, tandis qu'un lion sort d'un passage souterrain et s'arrête, effarouché par la lumière et la foule, l'instant que Gérôme disait vouloir montrer. Autour de l'arène, d'autres victimes, enduites de poix, pendent sur des croix que l'on met le feu. Le Walters note que les gradins ressemblent au Colisée, que la colline avec son temple et sa statue colossale évoque plutôt l'Acropole d'Athènes que le Palatin, et que de telles exécutions n'eurent jamais lieu au Circus Maximus : ici le drame l'emporte sur l'exactitude historique. La toile mesure 87,9 × 150,1 cm et est signée à gauche.
À la mort de William Walters en 1894, le tableau passa à son fils Henry, qui le légua avec sa collection à Baltimore en 1931. Sa mise en scène a été rapprochée du cinéma ultérieur, notamment le film italien Néron de 1909 et Le Signe de la croix de Cecil B. DeMille de 1932.