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La Lettre d'amour

La Lettre d'amour — Johannes Vermeer
Johannes Vermeer

Catégorie:

Créé le:

1670

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0

Dimensions:

9271 × 10695 px
440 × 385 mm

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Appréciation de l'art

La Lettre d'amour est une huile sur toile de Johannes Vermeer, datée par le Rijksmuseum vers 1669–1670 et conservée par le musée d'Amsterdam depuis son achat en janvier 1893.

La toile de 44 × 38,5 cm s'articule autour d'un point de vue inhabituel. Depuis une antichambre sombre, un rideau relevé en haut du tableau, nous regardons par une porte ouverte dans une pièce claire où une femme élégamment vêtue, un cistre sur les genoux, lève les yeux vers une servante qui vient de lui remettre une lettre. Le rideau joue aussi le rôle de trompe-l'œil, car les tableaux hollandais étaient souvent protégés par de petits rideaux. Les dorures de la robe et de la cheminée, opposées aux bleus du sol, du vêtement de la servante et des cadres, désignent un foyer aisé.

Plusieurs détails renvoient à l'amour. Le cistre était un symbole courant de l'amour, les mules abandonnées au premier plan portaient une connotation érotique, et le balai repoussé sur le côté peut suggérer que les tâches ménagères ont été oubliées. Des deux tableaux accrochés au mur, celui du bas montre un navire sur une mer en furie ; le Rijksmuseum rappelle qu'au 17e siècle on comparait souvent la mer à l'amour et l'amant à un navire. C'est la seule œuvre de Vermeer à comporter une marine. Au-dessus pend un paysage avec un voyageur sur un chemin de sable, peut-être une allusion à l'absent correspondant.

Un inventaire de 1696 du palais de Wilanów, près de Varsovie, mentionne un tableau représentant une dame au luth en robe dorée recevant une lettre des mains d'une jeune fille ; il pourrait s'agir de ce tableau alors dans la collection du roi Jean III Sobieski. Au 19e siècle, il appartenait à Pieter van Lennep d'Amsterdam puis à ses héritiers. Le 23 septembre 1971, alors qu'il était prêté au Palais des beaux-arts de Bruxelles, il fut volé par un jeune homme de 21 ans qui le découpa de son châssis et réclama 200 millions de francs belges pour les réfugiés bengalis. Il fut arrêté en quelques jours, et la toile endommagée regagna le Rijksmuseum le 8 octobre ; la restauration prit près d'un an.

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