La Forêt en hiver au coucher du soleil

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1846
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Appréciation de l'art
La Forêt en hiver au coucher du soleil est un grand paysage à l'huile sur toile du peintre français Théodore Rousseau, travaillé par intermittence pendant une vingtaine d'années, du milieu des années 1840 jusqu'à peu avant sa mort en 1867 ; il est accroché au Metropolitan Museum of Art de New York (accession 11.4).
Rousseau était la figure centrale de l'école de Barbizon. Après que le jury du Salon eut rejeté son Paysage du Jura en 1836, puis refusé huit autres envois entre 1836 et 1841, il cessa d'exposer pendant des années — ce qui lui valut le surnom de « grand refusé » — et s'installa définitivement en 1848 à Barbizon, le village au bord de la forêt de Fontainebleau qui remplit cette toile. Sa réputation fut réhabilitée à l'Exposition universelle de 1855, où ses œuvres rassemblées furent jugées parmi les plus belles de l'exposition.
La toile, de 162,6 sur 260 cm, montre la forêt au crépuscule en hiver : un mur d'arbres dénudés sous un ciel bas et lourd, avec deux petites figures paysannes presque perdues parmi les troncs. Sa taille exceptionnelle et sa gestation de plusieurs décennies reflètent une habitude bien documentée : Rousseau développait ses sujets si lentement que ses toiles achevées sont relativement rares. Son voisin Jules Dupré, lui-même paysagiste de Barbizon, se souvenait que Rousseau ne savait jamais quand un tableau était fini, et disait qu'il devait parfois sortir une toile de l'atelier pour le faire s'arrêter.
Retravaillée pendant tant d'années, l'œuvre ne porte pas de date unique ; le Met la catalogue vers 1845–1867. Elle compte parmi les produits les plus ambitieux de la période où la forêt elle-même devint un sujet de la peinture française.