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El pelele

El pelele — Francisco Goya
Francisco Goya

Catégorie:

Créé le:

1791

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Dimensions:

3506 × 5990 px
1600 × 2670 mm

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Appréciation de l'art

El pelele est un carton à l'huile sur toile, un dessin grandeur nature destiné aux lissiers, peint par Francisco Goya fin 1791 et début 1792 ; mesurant 267 × 160 cm, il est conservé au musée du Prado, à Madrid (P000802).

Le tableau appartient à la septième et dernière série de cartons de Goya pour la Real Fábrica de Tapices de Santa Bárbara, la manufacture royale de tissage de Madrid, destinés à des tentures pour le cabinet du roi Charles IV à l'Escorial. Ses pendants comprenaient Le Mariage, Les Échasses et Las mozas del cántaro, pour lesquels Goya utilisa un châssis de même taille. La série porte sur les jeux des femmes et des enfants, et plusieurs scènes traitent les relations entre les sexes avec une ironie qui annonce ses eaux-fortes des Caprichos.

Quatre jeunes femmes en habits de majas forment un cercle dans un paysage boisé et rient en lançant haut dans les airs, depuis une couverture tendue, un mannequin vêtu d'un habit et d'une culotte d'homme. Lancer en couverture une figure de paille était un jeu de carnaval populaire, et le Prado lit la scène comme une allégorie du pouvoir des femmes sur les hommes, thème que Goya reprit dans les estampes des Caprichos et des Disparates. L'historienne Janis Tomlinson a suggéré que la figure pourrait être un homme réel, un dandy au visage fardé, plutôt qu'une poupée. Dans les esquisses préparatoires, le mannequin tient la tête haute comme s'il jouissait du vol ; dans le carton, la tête pend et le corps est tordu, ce qui rend le jeu plus dur. L'une des esquisses, 35 × 23 cm, est conservée au Hammer Museum de Los Angeles. Le Prado relève des traits typiques des cartons tardifs de Goya : une couleur plus douce et des contrastes de lumière qui créent de la profondeur, si bien que la silhouette du mannequin se détache sur le ciel.

Une fois la tenture tissée, le carton resta à la Manufacture royale, fut transféré dans les réserves du palais royal de Madrid en 1856–1857 et entra au Prado par ordonnances royales de 1870. L'image inspira plus tard une scène de l'opéra Goyescas d'Enrique Granados et figura sur un timbre-poste espagnol en 1958.