Ophélie

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1851
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Appréciation de l'art
Ophélie est une peinture à l'huile sur toile du peintre préraphaélite anglais John Everett Millais, réalisée en 1851–1852 et conservée à la Tate Britain de Londres, où elle entra avec le Henry Tate Gift en 1894.
La toile de 76,2 × 111,8 cm illustre une scène que Shakespeare ne met jamais en scène. Dans l'acte IV, scène VII de Hamlet, la reine Gertrude raconte à Laërte comment sa sœur, devenue folle de chagrin après que Hamlet eut tué son père Polonius, grimpa sur un saule au-dessus d'un ruisseau pour y suspendre des guirlandes de fleurs sauvages ; une branche se rompit et elle flotta un moment en chantant, jusqu'à ce que ses vêtements gorgés d'eau l'entraînent au fond. Millais la montre juste avant qu'elle ne coule, les bras ouverts et les lèvres entrouvertes. Beaucoup des fleurs sont celles nommées dans la pièce, d'autres furent choisies pour leur signification dans le langage victorien des fleurs ; le coquelicot rouge, absent du texte de Shakespeare, symbolise le sommeil et la mort.
Conformément aux objectifs préraphaélites, Millais peignit d'abord le paysage, en plein air sur les rives de la rivière Hogsmill dans le Surrey, travaillant jusqu'à 11 heures par jour, six jours par semaine, pendant environ cinq mois en 1851. En raison de cette durée, des fleurs qui s'épanouissent à des saisons différentes apparaissent côte à côte. Il peignit ensuite la figure dans son atelier de Gower Street, où Elizabeth Siddal posa entièrement vêtue dans une baignoire d'eau réchauffée par des lampes à huile, portant une ancienne robe brodée d'argent qu'il avait achetée quatre livres. Lorsque les lampes s'éteignirent sans que personne s'en aperçoive, elle attrapa un gros rhume et son père exigea que Millais paie les notes du médecin. Un campagnol amphibie qui nageait à côté d'elle fut ensuite effacé.
Présenté à la Royal Academy en 1852, le tableau reçut des critiques mitigées : un critique du Times se moqua d'Ophélie trempée dans un fossé plein de mauvaises herbes, et John Ruskin, tout en louant la technique, remit en question le cadre du Surrey. Le marchand Henry Farrer l'avait acheté le 10 décembre 1851 pour 300 guinées ; il passa ensuite par plusieurs collections avant que Henry Tate ne l'acquière en 1892. Il inspira la représentation de la mort d'Ophélie dans le film Hamlet de Laurence Olivier de 1948.