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La Grèce sur les ruines de Missolonghi

La Grèce sur les ruines de Missolonghi — Eugène Delacroix
Eugène Delacroix

Catégorie:

Créé le:

1826

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1

Dimensions:

1800 × 2674 px
142 × 213 mm

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Appréciation de l'art

La Grèce sur les ruines de Missolonghi est une huile sur toile d'Eugène Delacroix, signée et datée de 1826 en bas à gauche et conservée au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux (Bx E 439) ; elle mesure 213 × 142 cm.

Missolonghi, sur le golfe de Patras, était devenue un symbole de la guerre d'indépendance grecque contre la domination ottomane. Lord Byron y mourut en 1824, et après un siège de près d'un an, épuisée par la faim et la maladie, la ville tomba en avril 1826 ; ses derniers défenseurs firent sauter leurs propres mines, tuant Grecs et Turcs ensemble. Delacroix peignit sa réponse en quelques mois, probablement entre la mi-juin et la mi-août 1826, deux ans après son Massacre de Chios, bien qu'il ne fût jamais allé en Grèce. La toile fut montrée cette année-là à Paris dans la galerie du marchand Lebrun, dans une exposition payante organisée par le Comité philhellénique de Paris, dont les recettes allaient aux insurgés grecs.

Cette fois, Delacroix choisit l'allégorie plutôt qu'une scène de carnage, un genre passé de mode en 1826. La Grèce est une jeune femme en costume national, une robe blanche ouverte sur la poitrine sous une veste bleu foncé, avec une ceinture jaune. Elle est à demi agenouillée sur des blocs de maçonnerie tachés de sang, les mains vides grandes ouvertes ; sous elle, le bras d'un défenseur écrasé sort des décombres. Derrière elle, contre de lourds nuages noirs, un soldat coiffé d'un turban plante son étendard. Son expression est souvent lue comme le désespoir, mais aussi comme un refus de céder.

Victor Hugo admira le tableau lors de sa présentation chez Lebrun. Il fut ensuite exposé à Londres en 1828 et au Musée Colbert à Paris en 1829. Bordeaux l'acheta en 1852 au Salon de la Société des Amis des Arts de la ville. Le musée considère la figure allégorique et sa charge politique comme un précurseur de La Liberté guidant le peuple de 1830.

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