La Verdad, el Tiempo y la Historia

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Appréciation de l'art
La Verdad, el Tiempo y la Historia est une grande huile sur toile de Francisco Goya, habituellement datée de 1804–1808, conservée au Nationalmuseum de Stockholm (NM 5593). Elle mesure 294 × 244 cm et est aussi connue comme L'Espagne, le Temps et l'Histoire ou Allégorie de la Constitution de 1812.
Trois figures allégoriques remplissent la toile. Le Temps, barbu et ailé, tenant un sablier, saisit le bras d'une jeune femme en robe de satin blanc qui porte un sceptre et un petit livre ; devant eux, l'Histoire est assise demi-nue sur un rocher, écrivant avec une plume, un volume ouvert à ses pieds. La lumière tombe du haut à gauche sur la femme debout tandis que le côté droit reste dans l'ombre. Les commentateurs espagnols notent la touche vigoureuse, qui modèle les draperies et les plumes du Temps sans s'appesantir sur le détail.
La signification de la figure centrale, et avec elle la date, est disputée. Martin S. Soria l'a lue comme l'Espagne conduite par le Temps vers un avenir plus lumineux et a placé le tableau vers 1797, en invoquant l'influence de l'Iconologia de Cesare Ripa ; Folke Nordström l'a comparée à des personnifications de la Philosophie. Eleanor Sayre a relié l'œuvre à la Constitution libérale de Cadix de 1812, interprétation que suit le Nationalmuseum : son catalogue décrit la femme comme étant à la fois la Vérité et l'Espagne, tenant la nouvelle constitution. Les dates proposées vont de 1797 à 1812. L'esquisse à l'huile liée de Goya, où une Vérité nue est menacée par des hiboux et des chauves-souris, est au Museum of Fine Arts de Boston.
Le tableau a pu être fait avec une allégorie pendant de la Poésie, peut-être pour le palais de Manuel Godoy à Madrid, bien que cela ne puisse être documenté. Les deux furent d'abord signalés en 1867 dans la collection de Juan Duncan Shaw, consul d'Autriche à Cadix. Parmi les propriétaires ultérieurs figuraient Luis de Navas à Madrid et le collectionneur américain Charles Deering ; après la mort de Deering en 1927, il passa aux E. & A. Silberman Galleries de New York, et le Nationalmuseum l'acquit en 1961.