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Nevermore

Nevermore — Paul Gauguin
Paul Gauguin

Catégorie:

Créé le:

1897

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Dimensions:

6340 × 3226 px
1160 × 500 mm

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Appréciation de l'art

Nevermore est une huile sur toile peinte par Paul Gauguin à Tahiti en février 1897, lors de son second et dernier séjour sur l'île ; mesurant 60,5 × 116 cm, elle est conservée à la Courtauld Gallery de Londres, don de Samuel Courtauld en 1932.

Le tableau s'inscrit dans la longue tradition européenne du nu allongé. Une jeune Tahitienne est étendue sur un lit, son corps repris par les courbes de la tête de lit, mais elle n'est pas au repos : elle semble percevoir avec inquiétude deux personnages qui conversent derrière elle — la Courtauld suggère qu'il pourrait s'agir d'esprits malveillants — ainsi qu'un oiseau sombre perché sur une corniche. On l'identifie parfois à Pahura, la compagne de Gauguin, alors âgée d'environ quinze ans, et le musée souligne que sa jeunesse et la position de Gauguin, colon européen prenant des « épouses » adolescentes, sont aujourd'hui les aspects les plus troublants de l'image. Pahura venait de perdre l'enfant nouveau-né du couple lorsque l'œuvre fut peinte.

Le mot Nevermore, inscrit en haut à gauche, et l'oiseau rappellent le poème Le Corbeau d'Edgar Allan Poe, dans lequel un corbeau répond à chaque question d'un homme en deuil par ce seul mot. Gauguin écrivit à Daniel de Monfreid qu'il avait voulu un nu simple suggérant un certain luxe barbare des temps anciens, que l'ensemble était volontairement sombre et triste, et que l'oiseau n'était pas le corbeau de Poe mais l'oiseau du diable qui monte la garde. Le sentiment de perte a aussi été lu comme la désillusion de Gauguin devant l'érosion de la culture tahitienne. Les radiographies montrent qu'il fut peint par-dessus un autre tableau.

Gauguin envoya la toile à Monfreid à Paris en 1897, et en 1898 le compositeur Frederick Delius la lui acheta pour 500 francs ; Gauguin se demanda si le titre avait motivé l'achat. Vers 1922 elle passa par la Goupil Gallery entre les mains de Herbert Coleman, de Manchester, et Samuel Courtauld l'acheta avant juillet 1924. Elle fut exposée à la rétrospective Gauguin du Salon d'Automne de 1906, et en 2010 un sondage de l'Art Fund la désigna tableau le plus romantique de Grande-Bretagne.

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