Le Sabbat des sorcières

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1798
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Appréciation de l'art
Le Sabbat des sorcières (El aquelarre) est un petit tableau à l'huile sur toile de Francisco Goya, peint en 1797–1798 pour le duc et la duchesse d'Osuna et conservé aujourd'hui au musée Lázaro Galdiano de Madrid (inv. 2006).
C'est l'une des six toiles sur la sorcellerie de format semblable que les Osuna payèrent en 1798 pour orner leur retraite champêtre, l'Alameda de Osuna, aux portes de Madrid; l'achat est d'ordinaire attribué à la duchesse. Les autres sont Le Vol des sorcières (Prado), Le Sortilège (Lázaro Galdiano également), La Cuisine des sorcières (collection particulière, Mexique), L'Homme ensorcelé (National Gallery, Londres) et un Don Juan et le Commandeur perdu. Goya travaillait alors aux Caprices, et la sorcellerie était un sujet vivant parmi ses amis éclairés, avant tout Leandro Fernández de Moratín, qui écrivit un commentaire railleur sur l'autodafé de Logroño de 1610, où l'Inquisition condamna des sorcières de Zugarramurdi.
Sous un croissant de lune, le Diable sous les traits d'un grand bouc, couronné de feuilles de vigne comme Bacchus, siège au centre d'un cercle de sorcières jeunes et vieilles. Une femme lui offre un nouveau-né et une vieille mégère en brandit un autre, squelettique; une femme voisine porte une perche où pendent de petits corps, et des nourrissons morts gisent au sol. Des chauves-souris volent au-dessus, et des figures plus pâles en robes blanches se pressent derrière. Les symboles sont inversés, comme dans l'imagerie sorcière : le bouc tend son sabot gauche, non le droit. Le musée lit la série comme une satire de la superstition par le cercle éclairé auquel appartenaient Goya et le duc.
La toile mesure 43 × 30 cm. Après les Osuna, elle appartint au duc de Tovar, et au XXe siècle José Lázaro Galdiano l'acheta; sa collection passa à l'État espagnol à sa mort. Goya revint au sujet dans la Peinture noire du même nom, bien plus grande, vers 1820–1823.